• Caroline Rolino

Les réseaux sociaux ou l'histoire de la Bête qui ricane

Je vais me permettre aujourd'hui de sortir quelque peu de l'hypnose et des thérapies en général. J'avais envie de m'exprimer sur l'ambiance environnante et notamment sur les réseaux sociaux, qui, je vous l'avoue, parfois m'exaspèrent énormément. On y retrouve beaucoup de méchancetés et de malveillances et je crois qu'en ces temps difficiles, on se doit de contribuer à amener un peu plus de douceur dans ce monde de brutes. Nous vivons une phase difficile qui n'est pas liée uniquement à la crise sanitaire, cela fait partie d'un tout. Peut-être que j'y reviendrais dans un prochain article pour vous exposer le fond de ma pensée à ce propos.

De mon point de vue, il me semble important d'essayer d'équilibrer un peu les choses et d'apporter, chacun à son niveau, un peu plus de gentillesse, de sympathie autour de nous. Un danger invisible rôde et gagne du terrain, nous pouvons tous le combattre.

Portez vous bien et bonne lecture si le coeur vous en dit :-)





Beaucoup de choses se disent sur les réseaux sociaux, beaucoup, beaucoup trop. Des avis sont partagés, des conseils sont donnés (gratuitement pour l'instant ouf). Ça s'indigne, ça se révolte, et surtout ça demande encore et encore. Et puis dans tout ce fatras, il y a quelque chose d'encore plus insidieux, quelque chose de traqué dans l'ombre qui attend tapi, tel un féroce prédateur pour bondir sur sa proie. Ce petit quelque chose si minuscule qui comme notre « cher virus » du moment s'est fait discret jusqu'à ce que bien évidemment on commence à le remarquer. Cela a pris du temps, cela s'est fait en douceur, il ne s'agirait pas de louper son coup et de se faire clouer au piloris tout de même. Il faut une stratégie bien rodée, un mécanisme qui fonctionne bien avec l'humain. L'Humain avec le grand H vous savez, et puis on s'en fout en fait, peu importe lequel ça fonctionne de toute façon. Il faut juste laisser le temps agir, observer et juste remarquer comment cela évolue pendant que la bête ricane dans son coin, encore silencieuse. Évidemment, quelques ingrédients de base sont nécessaires à l'obtention de cette fabuleuse recette. Tout d'abord, c'est comme pour les réunions de famille, choisissez un sujet qui fâche. Eh, la liste je ne vous la fais pas hein, c'est trop simple, surtout qu'en fait le sujet encore une fois il peut passer au second plan, ce n'est pas ce qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse en revanche, c'est l'OPINION. Ah mais ça c'est l'ingrédient principal et c'est magique, car chacun de nous en a une (même plusieurs, même différentes, même pas les siennes etc...). Avoir une opinion ce n'est pas un mal, je vous l'accorde. On nous apprend à s'exprimer, à donner ses préférences, plus tard on peut prendre position et c'est ce qui nous différencie les uns des autres d'une certaine façon. L'opinion, ce n'est pas avoir raison ou tort non ? Alors oui quand on a raison il y a – parfois, pour certains - cette petite flammette qui vient brûler nos entrailles et nous pousse à aller au charbon encore plus fort et c'est formidable de se sentir si victorieux, si combatif et si gagnant ! Qu'est-ce qu'on se se sent bien d'avoir eu raison... Non mais on parlait d'opinion, pardon, on s'égare. Donc on est poli, courtois, on échange sur divers sujets qui nous divisent, on argumente ou pas, on laisse passer ce qui nous semble faux ou pas, on se fâche ou pas...quoi ? encore ? Décidément...



Du coup, je viens sans m'en apercevoir de vous donner le deuxième ingrédient. Je ne sais pas encore trop comment on peut le nommer, il y a le choix entre l'orgueil, la bêtise, l'entêtement, la folie, le goût pour la confrontation belliqueuse... La Bête elle sait, elle. Elle a compris depuis longtemps qu'avoir une opinion ne faisait pas de l'Homme quelqu'un de sage. Cela l'a peut-être été un temps, à une autre époque éventuellement, cela l'a peut-être été pour certains et l'est peut-être encore bien-sûr. Cependant, s'est offerte à elle une opportunité qu'elle ne pouvait pas rejeter et en faire un de ses atouts les plus considérables ! La facilité avec laquelle cette opinion pouvait être transmise ! Non mieux !! La facilité avec laquelle on pouvait rentrer en conflit sans rien craindre derrière !!! Non mais pffiou, royal, je la vois c'est jouissif pour elle. Nous ne sommes plus dans le ricanement là, nous sommes dans l'explosion de joie avec le sauté de bouchon de champagne, la danse autour du feu, les tambourins, les cotillons et je pense que le grand cornu avec sa cape et ses sabots va bientôt être invité à sa tablée. Donc jouer sur cette envie d'expression (peu importe le sujet), utiliser un espace où l'on peut être anonyme et être autorisé à dire ce que l'on veut, c'est fait. Vous l'entendez maintenant le ricanement plus si lointain ?



Ah les réseaux sociaux, qu'est-ce que c'était beau au début... Partager des photos, retrouver de vieux amis, s'en faire de nouveaux, retrouver des groupes de soutien, d’entraides, et puis toutes ces astuces et autres vidéos tellement drôles ou émouvantes, quelle extase ! Mais quelle invention de génie ! Il y avait tant de belles choses à faire sur ces réseaux... montrer ses vacances en Guadeloupe, actualiser son statut sur « en couple », montrer le bel apollon (ou la belle apollone), partager les photos de sa nouvelle super voiture, oh pis on n'oublie pas les vacances au ski hein c'était trop bien dans cet hôtel avec spa, tiens d'ailleurs on va les mettre aussi ces photos dans le jacuzzi privé avec le saut à champagne, c'était tellement drôle et raffiné ! Oh ben ceux qui n'aimeront pas ce sont des « rageux » ma foi, tant pis, tous ceux qui ne cliquent pas sur « j'aime » je les zappe, c'est pas mes amis s'ils n'aiment pas ma vie comme moi je la vis. Le réseau social du partage et de l'amour, tant de bienveillance et d'amitié-s c'est si touchant. La Bête ne pouvait pas y résister longtemps. Comment détourner l'attention de quelque chose de si merveilleux vers quelque chose devenu si hideux; il faut un certain savoir faire, une certaine expérience. La Bête elle en a elle de l'expérience, elle existe depuis la nuit des temps, en plus en parlant de temps, elle en a contrairement à nous.


Quelle merveille ce nouveau jeu des réseaux sociaux ! On a les opinions à tout va, le partage qui se transforme en envie, alors attendez on pourrait rajouter encore deux-trois trucs et là on fait un carton, oh la la je la sens bien on va faire une recette digne d'un grand chef étoilé !! Il faut bien se dire qu'à force, les photos et les opinions ça lasse un peu quand même non ? Pis les vidéos de chatons bizarres ou trop mignons ça va cinq minutes au réveil, mais après il nous faut du lourd, heu du concret. Je lirais bien les infos sur Facebook, tiens ça tombe bien on peut s'abonner sur plein de pages, tant officielles que non officielles d'ailleurs et en plus, c'est un truc de ouf, il y a toujours quelqu'un pour vous tenir au courant de la dernière actualité ! Génialissime, je suis au courant H24 de ce qui se passe sur la planète entière ! Vous l'entendez encore ce ricanement ? Parce que, personnellement, pour moi ce n'en est plus un...




Il y a donc ce phénomène sur les réseaux sociaux qui fait qu'on peut se tenir informé. Informé de quoi, je ne sais pas bien, car après tout chacun est encore libre de chercher l'info où il veut et comme il veut. Quoi que le verbe « chercher » n'est peut-être pas si adéquat... L'info « tombe », l'humain la gobe et la digère comme il la voudra. Voilà. Vous connaissez la finalité d'une digestion ? Je vous fais le rapprochement avec l'opinion ou l'image est là ?


Bravo donc à la Bête qui a su attendre patiemment, observant et laissant faire. Elle ne peut que s'en réjouir quand on voit dans quel monde nous vivons à l'heure actuelle. Ah oui je précise, ce n'est que MON opinion après tout. En attendant, je pense que tout le monde a des yeux pour voir que ce monde ne tourne plus comme avant. Elle est passée où cette bienveillance, cette bienséance ? Sur Facebook parfois - pardon d'avance pour ce réseau social c'est un des seuls que je côtoie et pas de trop près - je crois entendre des voix au loin qui crient « au bûcher ». Certains réclament des justices qui n'en sont pas, certains veulent la peine de mort avec agonie en option, certains parlent de complots, d'autres se targuent d'être devenus des experts S-médecine/science/virologie... Tous experts, mais surtout tous la gueule ouverte. Quel dommage quelle soit recouverte d'un aussi horrible accessoire en ces temps de Covid non ? Attention, je préfère être claire, je suis une fan de l'ironie et je me sens dans l'obligation de le préciser, va savoir pourquoi...un concept désuet sûrement qui a tendance à être pris de travers ou trop droit justement...Bref...


Voici ce qui – entre autre – traîne sur les réseaux sociaux : "Et un puis un jour à force de « gestes barrières », s'installa la barrière des gestes. Plus personne ne se touchait, plus personne ne s'embrassait, plus personne ne s'aimait...Une horde de zombies masqués, traqués, apeurés, avait remplacé l'humanité. Ces nouveaux esclaves ne réclamaient plus rien, et surtout pas la liberté. Il se se contentaient de quelques miettes de survie que les puissants leur accordaient entre deux maltraitances..." Eric Spano oct. 2020


La Bête est en train de gagner, l'Homme est devenu si idiot qu'il ne saura plus communiquer à cause d'un simple accessoire supposer le protéger et lui offrir la possibilité de se rapprocher - d'une autre façon certes, mais façon quand même. La distance pourtant rapprochée grâce à nos chers réseaux sociaux va devenir si insoutenable que nous n'aurons plus assez d'amour à se transmettre et ce, de quelque manière que ce soit. « Une horde de zombies masqués, traqués, apeurés... » La Bête s'en réjouit : Métro-boulot-dodo obéissants au matraquage d'une dictature sanguinaire et carrément totalitaire, voilà l'insidieuse idée qui fait son nid dans la tête de certains. Nous devenons, nous humains stupides, incapables d'échanges cordiaux et bienveillants, des esclaves de notre propre monde oui. Car c'est là toute la réussite finale de la Bête : nous avoir donné tant de liberté qu'elle nous en a été ôtée.


Mais croyez-vous qu'elle puisse gagner ? Voulez-vous la laissez gagner ? Car, après tout, pour contrer une recette si soigneusement élaborée il y a un antidote d'une simplicité déconcertante que beaucoup, beaucoup d'entre nous avons oublié et se résume en deux mots, ou ingrédients pour rester dans la métaphore culinaire: RESPECT ET BIENVEILLANCE.


Caroline Rolino - 21.10.2020 - tous droits réservés.

P.S. L'utilisation du genre masculin a été adoptée afin de faciliter la lecture et n'a aucune intention discriminatoire.

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